Acquisition de la propreté

La continence active, ou acquisition de la propreté

La continence active, autrement appelée « acquisition de la propreté », est un long processus de maturation physiologique du jeune enfant. De nombreuses étapes physiques et psychiques sont à l’œuvre pour permettre à votre enfant d’y arriver. Le maître-mot pendant cette transition est bien la patience.

On suit son enfant

La société actuelle met une pression assez forte sur cette acquisition, notamment pour pouvoir entrer à l’école maternelle. Plus les enfants vont sur le pot tôt et mieux c’est. Si votre enfant prend un peu plus de temps que les autres, vous pouvez avoir à faire face à des commentaires pas toujours très sympathiques. Certes, l’acquisition de la continence active, enlève un gros budget couches et ôte une intendance non-négligeable pendant les sorties ; mais le passage sur le pot doit se faire quand l’enfant est prêt. La continence active ne s’apprend pas, elle s’acquiert. Tout comme votre enfant a appris à se retourner sur le tapis, à marcher à quatre pattes, à se tenir debout, à manger seul, il deviendra continent. Votre enfant est le seul maître de ce processus.

Dans cette nouvelle aventure, vous l’aurez compris, votre enfant est l’acteur principal : à vous de l’accompagner avec patience, douceur et écoute pour lui apporter toute la confiance dont il a besoin dans ce grand changement. Quand il sera prêt, il vous le fera savoir. Avant l’âge de 20-24 mois, les sphincters s’ouvrent automatiquement lorsqu’ils sont pleins, l’enfant n’a donc aucun contrôle dessus. Il va peu à peu en prendre conscience. Cela peut lui faire peur, il peut aller se cacher dans un coin pour faire caca, ou à l’inverse être fier de cela ; les réactions à cette découverte corporelle sont aussi variées que le nombre d’enfants ! Vers 2 ans, l’enfant va doucement prendre conscience de ce qui se passe dans son corps : il sent son caca passer, il identifie le besoin de faire pipi ou caca, il découvre alors qu’il peut agir sur son corps.

Peu à peu, votre enfant va vous montrer différents signes liés au début de la transition vers la continence active. Il va vous montrer que sa couche est souillée, ou essayer de l’enlever tout seul. Il peut vous nommer qu’il ne veut plus de couches, il se montre curieux vis-à-vis du pot et/ou des toilettes, sa couche reste sèche plus longtemps. Autant de petits signes qui vont vous montrer que la transition débute.

Babatruc :

  • Personne ne sait à la place de l’enfant s’il est prêt à ôter sa couche : donc on respecte son temps à lui.
  • Votre enfant est maître de ce processus, alors on le suit 😉 : on ne fait pas à sa place.
  • On lui fait confiance : on nomme ce qu’il se passe de nouveau pour lui.

Alors, nous parents on fait quoi ?

Observer votre enfant et répondre à ses besoins seront les meilleurs atouts de votre accompagnement. Il n’y a pas de « bonne et unique » façon de faire : il y a votre enfant et vous dans cette nouvelle découverte. Ne vous mettez pas la pression, cela évitera que vous la transmettiez involontairement à votre enfant. Laissez-le appréhender tout ça le plus simplement possible. De plus, la cohérence entre les adultes est un atout supplémentaire pour un déroulement serein.

Même si votre enfant est prêt physiquement, la plupart du temps lorsqu’il sait monter et descendre un escalier seul, en pas déliés, il décidera lui-même du moment où il n’aura plus besoin de porter de couches. Faites-lui confiance, il doit comprendre que cette acquisition lui appartient, s’il sent que c’est vous qui maîtrisez cela, il aura moins de facilité à l’intégrer. S’il se sent dépossédé, il pourra résister ou se soumettre à la bonne volonté de l’adulte pour lui faire plaisir : cela pourrait engendrer quelques petits dysfonctionnements par la suite.

Les premières fois ne seront pas forcément couronnées de succès, l’envie d’aller utiliser le pot peut ne pas être synchronisée avec l’envie de faire pipi ou caca. Ce n’est pas grave, la transition est en route, un jour, il y aura quelque chose dans le pot ! Ce jour là, n’hésitez pas à nommer que vous êtes fier de votre enfant, qu’il est en train de devenir grand. Par contre, on évite les récompenses qui pourraient engendrer un cercle vicieux. En effet, votre enfant pourrait faire ou non en fonction de ses envies et non de ses besoins. Peu à peu, en fonction de vos observations, vous pourrez proposer à votre enfant d’aller sur le pot plusieurs fois dans la journée. À des moments bien précis : au moment du changement de couche, avant la sieste ou avant le bain du soir. Si ce n’est pas le bon moment, tant pis, on attend quelques minutes sans insister puis on invite l’enfant à aller jouer s’il n’a pas envie de faire. Le laisser sur le pot sans envie serait contre productif. On évite les livres et les jouets sur le pot, l’enfant a besoin de se concentrer sur ses ressentis corporels pour comprendre ce qu’il se passe en lui.

Babatruc :

  • Il n’y a pas de bonne façon de faire alors, on respire et on se détend. 😊
  • On l’accompagne en le laissant faire ses découvertes.
  • On propose le pot sans insister.

Des pistes pour vous aider

Privilégiez des vêtements faciles à mettre et à enlever, on laisse les collants et les pantalons serrés au placard. Optez pour des pantalons ou des jupes souples, en évitant les boutons à défaire, les bretelles et les ceintures. Les tee-shirts remplacent les bodys. On évite les culottes ou slips par-dessus la couche, cela perd de son sens, soit l’enfant a besoin d’une couche soit d’un slip ou d’une culotte. Le principal est que votre enfant soit à l’aise pour gérer sa transition seul vers la continence active.

Une familiarisation en douceur par le biais des livres. Ce support très intéressant et très riche, vous aidera à poser des mots avec votre enfant sur ce qui lui arrive, en vous aidant ainsi à normaliser ce processus. Ce temps d’histoires partagées est un moment calme de détente qui favorisera l’échange entre vous et votre enfant, au moment du coucher ou quand vous êtes disponible sur le canapé. Vous pouvez aussi chanter une comptine en lien avec la couche et le pot afin de créer un moment de complicité autour de ce sujet.

Petit pot ou réducteur de toilette, à vous de voir. L’enfant doit pouvoir s’asseoir et se lever en toute sécurité et de façon autonome. Il est important qu’il s’y sente à l’aise afin que les sphincters puissent se relâcher. Pour ce faire, il doit être assis avec les genoux au moins à hauteur des hanches. Il doit pouvoir poser ses pieds sur une surface plane, que ce soit le sol ou le marche pied pour être stable et en sécurité. Prenez le temps d’accompagner votre enfant pour vérifier qu’il soit bien installé. Si vous optez pour un pot, trouvez-lui un emplacement et ne le bougez pas, cela deviendra un repère pour votre enfant. Mettez-le dans un endroit accessible pour lui et qui préserve son intimité : les toilettes ou la salle de bain ; on évite le salon… Choisissez de préférence un pot qui peut facilement être vidé par l’enfant pour favoriser son autonomie.

Après le passage sur le pot ou les toilettes, emmenez votre enfant se laver les mains, il intégrera ainsi les bons gestes d’hygiène dès le début. Cet instant est propice au transfert de microbes donc on prend de bonnes habitudes. Privilégiez le papier toilette aux lingettes, ces dernières étant déconseillées pour la santé (risque d’allergie et d’irritation) car elles laissent le siège humide et favorisent les irritations et la pénétration des composants des lingettes dans l’organisme (parfum…).

Aidez votre enfant à se familiariser avec le papier toilette, à vider le pot, à tirer la chasse d’eau : plus il sera acteur, plus il aura envie d’y retourner. Certains enfants peuvent être angoissés à l’idée de voir partir leur caca, votre présence rassurante l’aidera à comprendre ce qu’il se passe. Vous pouvez l’inciter à dire « au revoir » à son caca s’il en a besoin, cela favorisera sa compréhension.

Si votre enfant vous suit aux toilettes et que cela ne vous dérange pas, laissez-le faire. Il verra ainsi que tout le monde utilise les toilettes favorisant ainsi la normalisation de ce phénomène nouveau.

Babatruc :
• On privilégie les vêtements souples et faciles à enlever.
• La petite librairie ou la bibliothèque du quartier deviennent votre meilleure alliée.
• Pot ou réducteur, toujours au même endroit en privilégiant l’intimité.

Des petits couacs

Comme les premières chutes de l’enfant qui marche tout juste, la continence peut connaître des petits incidents de parcours. Au début, ces incidents peuvent être assez fréquents, si tel est le cas privilégiez plutôt les couches culottes afin que votre enfant ne soit pas souillé. Ces incidents, s’ils sont fréquents, peuvent mettre l’enfant en difficulté. Il n’y a rien d’agréable à se faire pipi ou caca dessus. On essaye donc d’éviter au maximum ces désagréments pour ne pas associer la continence à quelque chose de sale et compliqué. Encouragez votre enfant et dites-lui qu’il va y arriver puisqu’il va forcément y arriver un jour ou l’autre 😉. Ces petits couacs peuvent aussi arriver une fois que vous pensez la continence active quasiment acquise.

Pas de soucis, ces petits incidents ne sont pas synonymes de régressions, mais bien que l’enfant est de plus en plus sûr de lui dans ce long processus. Lors du jeu de l’enfant, par exemple. Ce dernier, étant trop absorbé par son jeu, peut se retenir trop longtemps et finir par faire pipi sur lui. Force est de constater que son attention pour le jeu était bien plus grande et plus forte.

Les temps de promenade, de sorties sont aussi des moments difficiles pour le jeune enfant, car il doit apprendre à se retenir sur un temps donné. Afin de l’aider, proposez lui d’aller sur le pot avant de partir, cela pourra éviter quelques accidents. Expliquez-lui qu’il n’y aura pas d’endroit pour faire pipi pendant un petit moment. Si vous sentez votre enfant en difficulté, proposez-lui une couche culotte pour le temps de la balade si cela vous permet d’être plus serein. En lui expliquant pourquoi il peut mettre une couche culotte à cet instant T, cela ne provoquera pas de régression, donc pas d’inquiétudes. S’il ne le souhaite pas, pensez à prendre des vêtements de rechange.

Lorsque vous arrivez dans un nouvel endroit, mettez votre enfant à l’aise et montrer lui rapidement où se trouvent les toilettes. Si vous le pouvez, emmenez le pot, ce sera plus simple pour votre enfant, il y retrouvera son repère et se sentira plus en confiance.

Certains événements tels que l’arrivée d’un(e) petit(e) frère/sœur, un déménagement, un deuil, une séparation, l’entrée à l’école peuvent également venir déstabiliser le déroulement de cette acquisition avec des phénomènes transitoires de régression. Aucune inquiétude, ces transitions ne sont que passagères et seront vite oubliées. Reposez les choses avec votre enfant et tout ira bien.

Babatruc :
• On part toujours avec un sac de rechanges.
• On identifie les toilettes dès qu’on arrive quelque part pour le montrer à l’enfant.
• La parole et la patience sont vos deux principales alliées.

Et le sommeil ?

Certains enfants acquièrent la continence de jour comme de nuit quasiment en même temps. Cependant, pour nombre d’entre eux, celle-ci sera décalée d’environ 6 mois. L’enfant qui dort doit ressentir que sa vessie est pleine pour réussir à sortir du sommeil. Cela induit qu’il doit être suffisamment réveillé pour contrôler ses sphincters et se lever pour aller jusqu’au pot. Plus l’enfant va grandir, plus la vessie va grandir aussi ; elle mettra donc de plus en plus de temps à se remplir et permettra à l’enfant de tenir une nuit au sec.

              La sieste, temps de sommeil réduit, permettra à l’enfant d’acquérir la continence active sur un temps court en dormant. Cela préparera son acquisition sur la phase de sommeil nocturne. Si la couche de votre enfant est sèche plusieurs siestes de suite, vous pouvez alors lui proposer de l’enlever. Il en sera de même pour le sommeil nocturne.

Babatruc :

  • Proposer à votre enfant de faire pipi avant de dormir.
  • Les alèses deviennent un outil précieux 😉.
  • Placer le pot à proximité de son lit pour les premières nuits.

Pas de tracas avant 4 ans pour la continence active de jour. Si des difficultés persistent au-delà, échangez avec votre médecin. En ce qui concerne l’énurésie nocturne, on laisse l’enfant continuer ses efforts jusqu’à 6 ans, ensuite, on consulte afin de l’aider au mieux.

Les autrices sont Éducatrices de Jeunes Enfants.

Kathleen Fauret est référente pédagogique dans le réseau de micro-crèches Les p’tits Babadins. Audrey Bouté est coordinatrice pédagogique.

Cet article est un travail à quatre mains, rédaction par Kathleen, relecture et nouveaux apports d’Audrey, il reflète la pédagogie qu’elles mettent en place chez Les p’tits Babadins.

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